LE CERCLE DE LECTURE DE MARS 2019

Thème : LEUR PREMIER ROMAN

Le 6 février 1962, une jeune fille encore totalement inconnue apparaissait pour la première fois en public sous l’œil bienveillant de Mireille, lors de l’émission télévisée «Le petit conservatoire de la chanson» CLIQUEZ ICIDeux mois et demi plus tard, elle enregistrait son premier disque. Il allait faire un tabac auprès de tous les garçons et les filles de son âge, avant de la propulser vers une célébrité mondiale. 

 

 

 

 *Cabossé, de Benoît Philippon, Ed. Gallimard - 2016

 

 

 

Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a 42 ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de « tomate écrasée… ». Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s’en relèvera pas … Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but. Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d’obstacles sanglants et de rencontres lumineuses.

 

Félicitations à Benoît Philippon pour ce premier livre. Écrit après des débuts de scénariste, il est excellent à mon goût. C’est un vrai coup de cœur. Bien que le style soit cru et l’écriture toute simple, ce roman vous prend aux tripes. On prendra un vrai plaisir à lire son second roman, tout aussi déjanté, *Mamie Luger (2018), dont le personnage principal apparaît dans les dernières pages de Cabossé.  DM

 

 

 

 La conjuration des imbéciles, de John Kennedy Toole, Ed. 10-18 - 2002

 

 

 

Au début de l’année 1963, à La Nouvelle-Orléans, Ignatius J. Reilly est un perpétuel étudiant en Littérature médiévale. Remarquablement érudit et d'une intelligence confinant au génie paranoïaque, il vit en pacha chez sa mère arthritique et alcoolique, qui n’a de cesse de le pousser à travailler. Mais Ignatius abhorre son époque et méprise férocement ses contemporains. Et tous les archétypes de l'Amérique contemporaine y passent : les marlous, les beatniks, les rockers, les flics, les vieux chrétiens fondamentalistes, la voisine acariâtre, l'activiste anarcho-névrosée, les vendeurs de hot-dogs, etc. hypocondriaque et sans cesse tourmenté par son anneau pylorique qui se ferme à la moindre contrariété, Ignatius est certes odieux, égocentré et réactionnaire, mais aussi  idéaliste et créatif parfois jusqu'au délire. Ce Don Quichotte moderne marche –ou plutôt tangue– sur les traces des auteurs anciens (Platon, Diogène, Boèce) et des théologiens du XIIIe siècle, tout en rêvant d'un monde libéré des «dégénérés et semi-mongoliens» qui le peuplent. Harassée par ses frasques, sa mère le somme de trouver du travail. C'est sans compter avec sa silhouette éléphantesque et son arrogance bizarre...Ignatius tâchera lors de cette inévitable confrontation avec la réalité de rendre la société conforme à sa conception du monde. Mais, pesant et décalé, il n’y trouvera pas sa place. 

La genèse de ce roman hors du commun est dramatique : ayant perdu tout espoir de trouver un éditeur, l’auteur s’est suicidé en 1969 à l’âge de 31 ans. Mais grâce à l’obstination de sa mère, l’ouvrage a fini par être publié en 1980 aux États-Unis. Son énorme succès a valu l’année suivante à  John Kennedy Toole d’être couronné par le prix Pulitzer à titre posthume. Depuis lors, il a été traduit en dix-huit langues. Bien que ce soit le premier livre publié de cet auteur, c’est en fait son deuxième roman : le premier, La Bible de Néon, n’a été publié qu’en 1989. Il l’avait écrit à l’âge de 16 ans.  

 

Voilà un livre assez extraordinaire ! Totalement inadapté au monde actuel, obèse monstrueux, génie ou abruti complet (à vous de voir...), Ignatius va de catastrophe en catastrophe et rencontre une multitude de personnages tous plus cinglés les uns que les autres, non sans créer au passage des situations saugrenues et inextricables. Tous complètement frappés, les personnages sont exceptionnels ! Les dialogues sont tant ciselés que leur lecture est un vrai plaisir : on rit à chaque page, c’est une vraie mine de citations ! MM

 

 

 

 Sarnia, de Gerald Basil Edwards, Ed. Du Seuil – 1982

 

 

 

Ebenezer Le Page est un drôle d'oiseau misanthrope, misogyne et mauvais coucheur. Mais ce paysan de l'île de Guernesey est, au fond, un grand sentimental. Voyant sa fin approcher, il consigne sur un cahier d'écolier l'histoire de sa vie et celle de son île, de 1880 à 1960. Observateur immobile mais implacable, Ebenezer nous immerge dans un microcosme insolite et truculent. L'œuvre unique de G.B. Edwards est une vaste autobiographie fictionnelle de plus de 600 pages dans lesquelles le narrateur note ses observations et ses réflexions en regardant vivre et changer Guernesey (ou Sarnia), qu’il n’a jamais quittée. Il y raconte aussi sa vie modeste et sans histoire, dévoilant son caractère indépendant et nostalgique, attaché à ses racines, sa famille et son amour de jeunesse.

Publié en Angleterre en 1981, soit cinq ans après la mort de l’auteur, ce roman en est l’unique ouvrage connu. Né en 1899 à Guernesey et mort en 1976 dans la petite ville anglaise de Weymouth, G.B. Edwards a abandonné femme et enfants en 1933 pour mener une vie de reclus tout en consacrant plusieurs décennies à la rédaction du Book of Ebenezer Le Page, titre original de son œuvre, qui ne devait pas trouver d’éditeur de son vivant. On ne connaît aucun autre texte de lui, car il a fait brûler tous ses manuscrits par sa logeuse. 

 

Difficile d'imaginer que ce livre est une fiction et non un roman autobiographique, tant les personnages du narrateur, de ses proches et de ses voisins sont forts et empreints de vérité. Émouvante, intelligente, brillante, caustique, drôle, toute la vie se trouve dans cette œuvre : l'amour (dans ce qui est le plus beau, à savoir impossible et éternel), les amitiés et inimitiés, la famille et ses complexités, les traditions et le passage vers la modernité. Ça fourmille, ça vit, on rit, on est ému... MM

 

 

 

 Par les rafales, de Valentine Imhof, Ed. Du Rouergue – 2018 

 

 

 

Qui est vraiment Alexis Fjærsten, cette belle jeune femme qui a établi son camp de base à Metz, tombant immédiatement dans le cœur d'Anton ? Pourquoi tue-t-elle sauvagement un inconnu qui lui fait du charme ? Qui lui fait peur au point de la rendre prête à s'enfuir jusqu'au bout du monde ? Mais au moment où Alex s’apprête à tuer un homme pour la troisième fois, Kelly MacLeish, jeune sergent juste sortie de l’école de police et mutée aux Shetland, décide de changer complètement d’angle dans l’enquête sur le meurtre de Richard MacGowan le soir du Up Helly Aa, la fête des Vikings, lorsque tout le monde se rassemble pour la crémation du drakkar. Le seul indice retrouvé sur le cadavre, c’est un long cheveu noir. Alors sans le savoir, Kelly rejoint le camp des poursuivants. Ceux qui courent après Alex, ceux qu’elle fuit, toujours plus vite, toujours plus au nord.

Dans un premier roman intense, gorgé d'alcool, de rock et de poésie, Valentine Imhof nous emporte sur les pas d'une héroïne qui s'est placée sous la protection de Loki, le dieu destructeur de la mythologie nordique.

Née en 1970 à Nancy, Valentine Imhof est professeur de lettres à Saint-Pierre et Miquelon, après avoir vécu aux Etats-Unis. Très imprégnée de la culture scandinave, elle a beaucoup voyagé dans les pays nordiques.

 

Ce roman est très, très noir. Rédigé dans un langage cru et violent, il décrit le processus de déstructuration de l’héroïne, jeune femme forte et cultivée. Violée et laissée pour morte par un père et son fils en pleine campagne, elle craint d’être poursuivie par les amis de ses violeurs, et l’est aussi par des policiers à la suite de meurtres commis lors de sa fuite en avant. Elle croise divers personnages attachants, qui l’accompagnent temporairement dans son périple vers une fin inéluctable. Il faut un certain effort pour se plonger dans ce livre étonnant, très bien écrit et que l’on ne peut pas abandonner avant d’en avoir terminé la lecture. FB 

 

 

 

 Titus d’Enfer, de Mervyn Peake, Ed. Stock – 1974

 

 

 

Publié en 1946 en Angleterre, ce livre ouvre le Cycle de Gormenghast. Il a été suivi de la nouvelle Titus dans les ténèbreset des romans Gormenghastet Titus errant. La totalité du cycle a été rééditée en 2006 par les éditions Phébus sous le titre La trilogie de Gormenghast

Au château de Gormenghast, si gigantesque que des parties entières en restent inexplorées, règne une famille farfelue : les d'Enfer. Lord Tombal, comte d’Enfer, est dépressif et lit toute la journée. Son épouse Gertrude ne vit que pour ses chats et ses oiseaux, tandis que leur fille Fuchsia est d'une nature sauvage et rêveuse. Autour d'eux s'agite une société hétéroclite dont le quotidien est figé dans l'exécution de rites ancestraux. La naissance d'un fils, Titus, 77e comte d’Enfer, va rompre la monotonie du château.

Parallèlement, Finelame, jeune marmiton malin et manipulateur, s’échappe des cuisines où il était commis et investit le château dont il va détruire l’équilibre précaire. 

C’est dans cet univers déconcertant, baroque, halluciné et presque maléfique que grandit Titus en rêvant d’un monde extérieur dont il ne sait rien. Le dernier volet, Titus errant, le voit fuir le château et partir à la découverte d’un ailleurs dont il était exclu. 

 Le Cycle de Gormenghastest un monument de la littérature britannique moderne. Difficilement classable, il s’apparente à la Fantasy pour son univers extravagant rappelant Tolkien. D’une incroyable puissance visuelle, l’œuvre est à la fois angoissante et farferlue, intimiste et picaresque, mélancolique et désopilante. 

Peintre, illustrateur et poète, Mervyn Peake est décédé de la maladie de Parkinson en 1968, à 57 ans à peine.

 

Titus d’Enfer(Titus Groan) est le premier roman de Mervyn Peake. Mais ce n’est pas sa première œuvre, car il avait déjà publié un livre pour enfants et des ouvrages de poésie. Assez bien vendu à sa sortie, il est presque devenu l’objet d’un culte après la mort de l’auteur, en 1968. Celui-ci était aussi un remarquable illustrateur, comme on peut le voir sur le site mervynpeake.org. J’y ai aussi appris que Mervyn Peake était né en Chine, où son père était missionnaire et médecin, et que le château de Gromenghast lui a peut-être été inspiré par des souvenirs de ce pays. Ainsi que par le château royal d’Arundel, en Angleterre, où sa famille a vécu. SV

 

 

 

 * Les derniers jours de nos pères, de Joël Dicker, Ed. De Fallois - 2015

 

 

 

A la suite de la défaite de la France et du grave revers subi par l’armée britannique à Dunkerque, Winston Churchill décide de créer au sein des services secrets de Sa Majesté le Special Operation Executive (SOE). Chargé de mener des actions de sabotage et de renseignement derrière les lignes ennemies, il sera composé d’agents secrets issus des populations locales pour être insoupçonnables. Quelques mois plus tard, le jeune Paul-Émile, dit Pal, quitte Paris pour Londres dans l’espoir de rejoindre la France libre. Rapidement recruté par le SOE, il est intégré à un groupe de Français qui deviendront ses compagnons de cœur et d’armes. Entraînés et formés de façon intense aux quatre coins de l’Angleterre, ils seront parachutés en France occupée pour contribuer à la formation des réseaux de résistance. Mais sur le continent, le contre-espionnage allemand est en état d’alerte… 

Né à Genève en 1985, Joël Dicker est surtout connu pour La vérité sur l’affaire Harry Quebert, notamment couronné par le prix Goncourt des lycéens. Son premier roman, Les derniers jours de nos pères, a été récompensé en 2010 par le prix des Écrivains genevois.

 

On n’entre pas très vite dans l’action au début de ce roman, par ailleurs remarquablement documenté. Mais il couvre des personnages profonds qui, loin d’être des héros, sont tiraillés entre devoir patriotique, amitié, amour filial et amour tout court, et suscitent ainsi notre grande tendresse. Voilà un livre différent des autres romans de Joël Dicker, dont ils n’offrent pas le suspens. Mais on y trouve les prémices du talent de leur auteur. C’est un livre excellent pour ce qu’il nous apprend du SOE et plus généralement des hommes. CP

 

 

 

  Femmes et fantômes, d’Alison Lurie, Ed. Payot et Rivages – 1999 

 

 

 

Qu'elles soient menacées par leurs meubles, persécutées par un esprit jaloux ou par un double maléfique, victimes d'hallucinations ou de phénomènes paranormaux, les héroïnes de ces neuf nouvelles se trouvent dans des situations amoureuses, familiales ou amicales dangereuses pour elles. Terrées dans leur silence de peur de paraître ridicules ou bafouées par leurs proches, elles restent souvent seules face à des doutes et des angoisses qui les conduiront à la folie, à la mort, ou tout simplement à se remettre en question. 

Chacune des nouvelles analyses, dans des contextes très différents, les relations entretenues par une héroïne avec un ou plusieurs “fantômes”. Certains de ces spectres appartiennent effectivement à l’au-delà, mais trois d’entre eux relèvent plutôt de la psychose affligeant le personnage principal. 

Née en 1926 à Chicago, Alison Lurie a reçu le prix Pulitzer pour son roman Liaisons étrangères(1984) et le prix Femina étranger pour La vérité sur Lorin Jones(1988). Ses romans se distinguent par une critique piquante de la société occidentale contemporaine, et notamment des milieux intellectuels. 

 

A la lecture de ces nouvelles, je ne peux qu’être d’accord avec cette citation d’Éric Neufhoff tirée du Figaro Littéraire : “Alison Lurie a le chic pour décrire le quotidien, pour s’attarder sur les détails qui n’ont l’air de rien. Chez ses personnages, on sent une fêlure, un remords, un secret. Ils ont peur de quelque chose et ne savent pas de quoi.” CP

 

 

 

 Grand frère, de Mahir Guven, Ed. Philippe Rey – 2017

 (Prix Goncourt du premier roman 2018)

 

 

Grand frère est chauffeur de VTC. Enfermé onze heures par jour dans sa « carlingue », branché en permanence sur la radio, il rumine sur sa vie et le monde qui l’entoure de l’autre côté du pare-brise. Petit frère est parti par idéalisme en Syrie depuis de nombreux mois. Engagé comme infirmier par une organisation humanitaire musulmane, il ne donne plus aucune nouvelle. Ce silence ronge son père et son frère, suspendus à la question restée sans réponse : pourquoi est-il parti ?

Un soir, l’interphone sonne. Petit frère est de retour. Entre la tentation du signalement à la police et l’amour fraternel, Grand frère n’aura pas une seconde d’hésitation.

Dans ce premier roman incisif, Mahir Guven alterne un humour imagé et une gravité qu’impose la question du terrorisme. Il explore un monde de travailleurs uberisés, de chauffeurs écrasés de solitude, luttant pour survivre, mais décrit aussi l’univers de ceux qui sont partis faire le djihad en Syrie : l’embrigadement, les combats, leur retour impossible en France… Émerge ainsi l’histoire poignante d’une famille franco-syrienne, dont le père et les deux fils tentent de s’insérer dans une société qui ne leur offre pas beaucoup de chances.

 

Né à Nantes en 1986 d’une mère turque et d’un père kurde réfugiés en France, Mahir Guven connaît bien les difficultés qu’y rencontrent les immigrés, même si lui-même y est parfaitement intégré. Dans ce roman-coup de poing en forme de thriller, écrit en alternance par Grand frère et Petit frère, le fils qui rencontre le plus de problèmes est paradoxalement celui qui devrait être le mieux assimilé, mais ce n’est pas un monstre pour autant. Plus encore peut-être que les protagonistes, c’est la langue du livre qui en constitue la principale force. Étrange mélange de français, de verlan et d’arabe (à tel point que le recours au lexique final s’impose souvent), elle sonne toujours juste et s’avère remarquablement efficace. Jusqu’à la pirouette finale, impossible à voir venir. C’est du grand art, et j’attends avec impatience une future œuvre de l’auteur. SW

 

 

 

 La coupe d’or, de John Steinbeck, Ed. Gallimard – depuis 1952 

 

 

 

Vers le milieu du XVIIe siècle, un garçon de quinze ans, Henry Morgan, natif du Pays de Galles, s'embarque sur un vaisseau en partance pour la Jamaïque. Il rêve d'être le plus grand corsaire d'Angleterre. Sa volonté de fer lui permettra de devenir le flibustier le plus redoutable de toutes les Antilles. A trente ans, pour couronner ses exploits, il décide de s’emparer de Panama : surnommée la Coupe d’or, elle concentre toutes les richesses de la Nouvelle-Espagne. 

Mais le désir de la gloire est comme le désir de la lune : pour l’éprouver, il faut garder une âme d’enfant. Après avoir mis à sac Panama et être devenu vice-gouverneur de la Jamaïque, Henry Morgan sombrera dans l’ennui et la crainte des scènes de ménage. 

Publié en 1929, ce premier roman du futur auteur des Raisins de la colèrepassa à l’époque pratiquement inaperçu. Il ne fut d’ailleurs publié en France qu’après la Seconde guerre mondiale. Entre-temps, John Steinbeck était devenu l’un des plus grands écrivains des États-Unis, avant de connaître en 1962 la consécration suprême : le prix Nobel de littérature. 

 

Ce curieux livre est inclassable : roman d’aventures ? Pas vraiment, les personnages y étant trop verbeux. Biographie ? Pas davantage, car Steinbeck a manifestement beaucoup magnifié la réalité historique. Conte philosophique ? Non, quand même pas… En fait, il est tout cela à la fois. J’ai la conviction que Steinbeck a été très influencé par l’excellentCaptain Blood, best-seller écrit sept ans plus tôt par Rafael Sabatini, dont il partage en grande partie la remarquable documentation.  Lirait-on ce livre sous une autre signature ? Probablement pas. Cela dit, il est très visuel, souvent lyrique et parfois pimenté d’humour. Ce qui pourrait faire une excellente BD. Pourquoi pas ? SW

 

 

Un grand merci à Dorothée, François et Marc, qui nous ont fait part de leurs lectures malgré leur absence. 

 

 

 

 

PROCHAIN CERCLE DE LECTURE

SAMEDI 6 AVRIL 2019

“La poésie”